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Commerce et investissement

Commerce et investissement : développer des capacités par la voie régionale

Le débat actuel sur le développement conduit à rappeler que, s’il est une leçon majeure à tirer des expériences passées, c’est que le commerce ne doit pas précéder le développement mais, à l’inverse, c’est le développement qui doit précéder le commerce : ceci veut dire que les pays de la Caraïbe et de l’Amérique centrale doivent réduire leur dépendance extrême vis-à-vis des marchés extérieurs et créer à l’interne, au plan national comme au plan régional, les conditions d’un développement qui les rendent à la fois moins vulnérables vis-à-vis des chocs extérieurs et plus compétitifs vis-à-vis de la concurrence internationale. Dans la même veine, accroître l’attrait de l’investissement étranger pour des économies faibles ou petites, revient le plus souvent à fragiliser davantage leurs structures de production (effets d’éviction) et à réduire davantage la faible marge de manœuvre dont elles peuvent disposer. Si la libéralisation extrême n’est pas un préalable au développement, encore moins une solution aux problèmes particuliers auxquels doivent faire face les EPT, la solution passe-t-elle pour autant par la voie régionale, que celle-ci soit hémisphérique, plurilatérale ou bilatérale ?

La voie de l’intégration régionale est perçue comme une solution intermédiaire. Si l’intégration sous-régionale présente, en théorie du moins, de nombreux avantages, les deux principaux problèmes résident dans l’absence de complémentarité entre les économies concernées (absence qui se présente comme un frein au sous-régionalisme et qui constitue un incitatif à l’adoption d’une stratégie bilatérale avec les États-Unis - en raison de la concurrence entre ÉPT) et dans la faiblesse des moyens dont disposent les pays pour développer, individuellement et collectivement, leurs capacités. La voie bilatérale est sans doute, en raison des asymétries évidentes dans les négociations, la voie la plus risquée, mais elle est néanmoins activement recherchée par un grand nombre de petites économies pour les avantages qu’elle peut procurer en termes d’accès préférentiel aux marchés ou de soutien financier. La voie de l’intégration hémisphérique, encore qu’elle soit partiellement remise en question depuis Miami, présente des avantages qui varieront en fonction des dynamiques concurrentielles sur le terrain continental, elles-mêmes essentiellement déterminées par le degré de compétitivité préalables des économies en présence, et donc, de leur taille et de leurs capacités. L’intégration compétitive en contexte d’asymétrie économique fait par ailleurs émerger des priorités stratégiques divergentes et, ce qui est stratégique pour les uns n’est pas nécessairement stratégique pour les autres.

La question de recherche qui sera posée dans cette partie sera la suivante : comment développer les capacités dans un contexte d’intégration compétitive et stratégique et quels sont les moyens mis en œuvre aux niveaux sous-régional, bilatéral et hémisphérique ? Cela sous-tend l’étude des différentes stratégies de développement et stratégies commerciales adoptées de même que des stratégies de négociations suivies, autant pour faire reconnaître et élargir le contenu du statut préférentiel et différencié revendiqué, que pour orienter le programme de coopération hémisphérique vers le développement des capacités et la recherche de solutions spécifiques.

Plus spécifiquement, nous nous proposons : premièrement, d’étudier plus en détail et de comparer les stratégies de développement, d’identifier les problèmes que soulève la mise en œuvre de ces stratégies, et de comparer les approches suivies pour les résoudre dans le MCCA et le CARICOM ; deuxièmement, de comparer les stratégies commerciales suivies collectivement par ces deux groupes et individuellement dans le cas des pays d’Amérique centrale tant dans les négociations hémisphériques que vis-à-vis des Etats-Unis, de même que les stratégies de négociation suivies, autant pour faire reconnaître et élargir le contenu du statut préférentiel et différencié revendiqué, que pour orienter le programme de coopération hémisphérique vers le développement des capacités et la recherche de solutions spécifiques.

À ces fins, nous nous proposons de faire un inventaire systématique (1) des études économiques portant sur l’intégration infra-régionale et hémisphérique du MCCA et du CARICOM ; (2) des stratégies commerciales et de négociation de ces deux groupes régionaux ; (3) des moyens mis en œuvre par ces deux groupes et des moyens proposés au niveau hémisphérique pour développer les capacités, faire converger les politiques économiques et résoudre les problèmes particuliers ; (4) des six voies de développement mentionnées plus haut et des formes prises aux niveaux collectif et individuel ; (5) des flux commerciaux, de leur orientation géographique, de leur composition et des spécialisations ; et, (6) des mesures prises pour attirer les investissements étrangers et orienter ceux-ci vers le développement et la diversification économique.

La recherche fera appel à l’analyse documentaire et à l’analyse statistique, étant entendu que de nombreuses études ont déjà été réalisées, par la CEPAL et la BID notamment, mais qu’elles n’ont pas été systématiquement traitées.


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